La médiation, issue possible à la « Guerre »?

Ayant travaillé avec l’ONU sur une zone de conflit armé en Colombie, un jour un ex-combattant Farc m’a dit : « La paix, c’est l’absence de guerre ».

La paix est une notion toute relative qui – en fonction du vécu et environnement de chacun – se teinte de différentes significations. Demandez à un enfant en République Démocratique du Congo et il vous répondra que la paix c’est de pouvoir jouer au foot sans risquer de se faire recruter de force par tel ou tel groupe armé. Demandez à un enfant en Syrie, il vous dira probablement que c’est une nuit de sommeil non entrecoupée de bruits d’explosions de bombes. Posez la question à une dame en Suède, elle vous dira que la paix c’est l’application quotidienne réussite de la CNV (Communication Non Violente) avec son mari. Au petit papi en bas de ma rue? C’est de pouvoir lire son journal tous les après-midi et d’avoir la santé.

Pour moi, par exemple, la paix aujourd’hui c’est d’avoir et de nourrir des relations sereines avec mes proches et d’être en harmonie avec moi-même. Mais demain, cela sera probablement une autre réponse. La recherche de paix évolue en fonction de nos besoins, de notre état et de notre environnement.

La paix reste donc un mystère, une notion à construire, déconstruire et reconstruire sans cesse. Pour autant, je trouve intéressante la réponse de cet ancien combattant Farc qui la définit comme l’absence de guerre. Car j’observe bien souvent qu’il est difficile d’être en paix lorsque nous sommes en conflit avec autrui. Le conflit agite, insécurise, bouleverse bien qu’il permette également de poser ses limites, d’opérer des changements, d’aller dans une nouvelle direction…etc. D’ailleurs, le conflit n’est pas forcément synonyme de guerre mais peut y conduire.

En situation conflictuelle, j’observe souvent l’émergence de plusieurs scénarios possibles:

  • Le conflit sous-jacent

Ici pas de conflit apparent, tout va pour le mieux et les relations sont au beau fixe. Vraiment? Alors pourquoi cet espace chargé de tensions, ces non-dits à répétition qui forment peu à peu une boule au ventre. Pourquoi ce mal-être inavoué qui vous laisse perplexe. Reconnaître qu’il y a un problème c’est se donner la chance de pouvoir le traiter.

  • Le conflit ouvert

Cette fois pas de doute, vous êtes en conflit avec cette personne. Vous savez la fameuse « goutte d’eau » qui a fait « exploser » la situation et qui fait qu’on ne peut plus faire semblant. Alors maintenant « on fait quoi? » est la question qui ne devrait pas tarder à se poser.

  • La cour de récré

De vielles tensions opèrent dans la relation avec cette personne depuis un moment et sans jamais la nommer et sans jamais la traiter, vous êtes dans une situation désagréable ou de temps à autre, vous vous lancez des piques et régler vos comptes avec des propos et des actes pas très bienveillants. C’est du donnant-donnant, le genre de petites réflexions qui fusent durant les repas de famille ou autres mais après tout, « pas de quoi en faire une histoire »!

  • Les accords d’Oslo

Les belligérants ont été contraints ou « invités » à s’asseoir à une table des négociations pour arriver à un « terrain d’entente ». Ils ont signé. Pourtant, quelques temps plus tard, l’accord est rompu et les hostilités reprennent. De trop nombreux exemples de ce genre d’accords façonnent l’histoire de l’humanité. Vous êtes en conflit avec quelqu’un et un tiers vous a poussé à discuter, négocier, à « faire la paix ». Pourtant, bizarrement, cela ne vous a pas soulagé, vous êtes arrivé à cet accord un peu « malgré vous » et il ne satisfait pas vos besoins et intérêts véritables. Le conflit – désormais officiellement réglé – continue à peser dans votre relation et vous attendez « la prochaine » avec anxiété.

  • La guerre froide

Un « clash », une opposition, une rupture vous a opposé à quelqu’un ou à quelques-uns. Depuis, vous n’avez pas pu en discuter et il n’y pas eu de nouveaux affrontements directs pourtant la tension est toujours bel et bien là. Cela transpire dans vos vies respectives, se manifestant par une série de troubles qui vous encombrent l’existence mais pour autant aucune action directe n’est initiée.

  • Le règne de Shaka Zulu

Vous avez entendu parler du règne du terrifiant Shaka Zulu? Roi africain ayant régné par la terreur, rien n’a pu arrêter la conquête de Shaka. Animé par une soif de vengeance incommensurable, tout ennemi devait être anéanti. Vous êtes arrivé à un tel niveau de tensions et de violence avec l’autre personne que vous pensez qu’aucune alternative ne sera satisfaisante. Tellement blessé, vous souhaitez désormais blesser à votre tour. A quoi bon parler puisque la mauvaise foi, la non – confiance et l’hostilité sont désormais les maîtres du jeu. Jusqu’où irez vous dans cette spirale de la violence?

Comment agir face à ces situations?

Ces différentes analogies doivent bien entendu être pris avec recul voire amusement. Elles grossissent le trait de ces situations conflictuelles. Elles réduisent aussi le conflit à diverses catégories un peu figées alors que le conflit est en réalité d’une grande complexité. Cependant, peut être que certains éléments vous ont fait écho ou vous ont fait sourire, en bref ont provoqué une quelconque réaction en lien avec ce que vous vivez.

Lors d’une situation conflictuelle, j’entends tellement souvent:

  • « Je ne peux plus lui parler, nous en sommes arrivés trop loin »;
  • « Je ne tiens pas à lui parler, cela ne servirait à rien »;
  • « Lui parler dans le cadre d’une médiation? Je ne vois pas ce que cela changerait! ».

Et si, d’une façon ou d’une autre, vous vous retrouvez dans l’une de ces situations, et/ou que vous avez envie d’en savoir plus sur le processus de médiation et ce qu’il pourrait vous offrir, je vous invite à aller lire cet article Pourquoi recourir à la médiation?

Laure Faget


Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.